Le sommeil

8 juillet 2024

Le sommeil est un état de baisse de conscience entre deux périodes d’éveil. Il est constitué de plusieurs cycles (3 à 6) qui se suivent. Chacun de ces cycles dure entre 1h et 1h30 et chaque cycle est lui-même découpé en plusieurs phases : 

N1 : phase de transition (il est possible d’observer un éveil)

N2 : sommeil lent léger

N3 : sommeil lent profond

REM : rapid eye movement du sommeil paradoxal 

  • le sommeil lent (majoritairement profond en début de nuit puis léger ensuite) où l’organisme en entier est au repos ce qui permet de régénérer l’énergie et de réparer les tissus
  • le sommeil paradoxal où seul le corps est au repos et l’esprit est en éveil avec une activité cérébrale intense, et un mouvement oculaire bien remarquable. Ce stade permet la mémorisation, et est notamment celui qui nous donne accès au monde du rêve

Les troubles du sommeil

INSOMNIE

De nos jours, nombreuses personnes se plaignent de troubles du sommeil. L’insomnie fait partie des plaintes courantes des patients souffrant de problèmes de sommeil. L’INSERM estime qu’entre 15 à 20% des Français seraient touchés par cette difficulté à bénéficier d’un sommeil de qualité. Lorsque la personne ayant subi l’insomnie parvient enfin à s’endormir, elle ne profite pas de cycles efficaces : la phase du sommeil lent léger (N2) est plus importante que la phase du sommeil lent profond (N3). Ceci peut alors expliquer des réveils nocturnes et une fatigue diurne importante.

Les insomnies peuvent être aigües, conséquences d’un repas trop lourd à digérer, d’un temps d’exposition aux écrans en amont de l’heure de coucher (la lumière bleue désynchronise le cycle biologique d’autant plus que la lumière blanche, par son effet beaucoup plus important sur les photorecepteurs de la rétine), de la prise de boissons excitantes (stimulant la sécrétion de cortisol), de la pratique d’activité physique intense tard dans la journée. La remise en place d’une bonne routine de soirée, facilitant la libération de mélatonine par l’hypophyse, permet généralement de retrouver un endormissement aisé.

Lorsque le changement des mauvaises habitudes de soirée ne suffit pas à limiter les insomnies, et que celles-ci se maintiennent de façon chronique, il peut alors être nécessaire de consulter un neurologue ou un centre du sommeil. Notons que le travail de nuit vient perturber l’endormissement, et il peut être utile de se rapprocher de son entreprise pour obtenir des conseils sur la gestion des siestes notamment.

L’alimentation ayant un rôle dans la sécrétion de neurotransmetteurs (substance permettant la communication entre les neurones, dont la mélatonine fait partie), il peut également être utile de consulter un thérapeute spécialisé en micronutrition qui vous permettra de potentialiser la libération de mélatonine (notamment grâce aux glucides, au tryptophane, aux vitamines B, au fer, au zinc…) et d’adopter une alimentation équilibrée au quotidien, bienfaisante pour la qualité du sommeil. 

SAOS

Une autre problématique récurrente parmi les consultations chez le médecin pour sommeil non réparateur, est le SAOS (syndrome d’apnées obstructives du sommeil). Le sommeil est perturbé par des périodes de plus de 10 secondes de baisse partielle du débit de passage de l’air (hypopnées), ou même totale (apnées). Un ronflement important est souvent révélateur d’un SAOS.

Les causes peuvent être multiples, le surpoids est bien souvent en cause, mais on peut également retrouver une hypertrophie des amygdales par exemple. Le stress oxydatif, l’hyperactivation sympathique, l’inflammation et le remodelage vasculaire engendrés par le SAOS, entrainent bien souvent des complications cardio-vasculaires.

Le traitement consiste à appareiller le patient pendant la nuit avec un dispositif délivrant de l’air dans le nez et parfois la bouche.

Une mauvaise qualité de sommeil impacte le statut hormonal et notamment la libération de la ghréline (hormone de la faim) et du cortisol (hormone hyperglycémiante), pouvant expliquer des prises de poids importantes. L’hormone de croissance produite durant le sommeil profond assure la croissance et la réparation des tissus, et facilite ainsi le maintien voire même la construction de masse musculaire. Autrement dit pour avoir la ligne, le sommeil est un élément important à ne pas négliger, au même titre que l’alimentation et de la pratique d’activités physiques.

Bien entendu nous ne sommes pas tous identiques face au sommeil. Selon l’âge nous n’avons pas les mêmes besoins en termes de temps de sommeil : 8h sont idéales pour un adulte alors qu’il faut bien le double chez un nourrisson. Aussi la comparaison d’hypnogrammes (graphiques mettant en évidence les différentes phases du sommeil et d’éveil) d’individus d’âges différents montrent que nos cycles ne sont pas tous identiques. Globalement le temps de sommeil lent profond diminue avec l’âge, et le nombre d’éveils sont plus fréquents.

Notons également qu’il existerait différents chronotypes expliquant que certaines personnes aient besoin de se coucher plus tôt que d’autres qui savent se satisfaire d’un temps de sommeil plus court.