Équilibre alimentaire du sportif : le rôle des lipides

23 décembre 2016

Comme nous avons pu le voir dans l’article L’équilibre alimentaire du sportif, au cours de l’exercice, les lipides servent de base énergétique. Ils permettent d’assurer la contraction musculaire.

De quels lipides s’agit-il ? Lors d’un effort, ce sont des triglycérides intramusculaires ou des acides gras amenés par le sang depuis les structures de réserve (tissu adipeux) qui sont utilisés comme substrat.

L’utilisation des acides gras dépend de plusieurs facteurs :

  • l’intensité et la durée de l’exercice,
  • le niveau d’entraînement
  • et l’état nutritionnel du sujet.

Les acides gras constituent un substrat énergétique privilégié pour le muscle squelettique, le foie, les reins mais aussi le cœur.

Les acides gras : une aide pour un effort plus intense

Au cours de l’exercice musculaire, les concentrations en catécholamines (ces composés organiques jouant le rôle d’hormone ou de neurotransmetteur, comme l’adrénaline, la noradrénaline…) augmentent avec l’intensité de l’exercice, alors que l’insuline diminue, favorisant la libération des acides gras comme substrats énergétiques. On constate une augmentation de la lipolyse (la libération des acides gras) jusqu’à un certain seuil d’intensité (65% de la VO2 max) au delà duquel la lipolyse n’augmente plus au profit de la glycogénolyse (libération du glucose).

Les acides gras jouent également un rôle non négligeable après l’effort. En effet, leur utilisation comme substrat énergétique reste 1,5 fois plus élevée que celle du repos pendant au moins les 2 heures qui suivent un exercice de longue durée, laissant ainsi le glucose disponible pour la reconstitution du stock de glycogène.

Les bienfaits de l’entraînement pour puiser dans le stock de graisse

L’entraînement augmente les capacités aérobies (capacités à puiser dans ses réserves de dioxygène) et, pour une même intensité absolue d’exercice, favorise l’utilisation des lipides. Ceci serait dû à de nombreuses adaptations physiologiques qui favorisent une meilleure distribution et utilisation des acides gras au niveau du muscle.

Équilibrer correctement son alimentation

Noix

On peut ainsi penser qu’en augmentant la ration lipidique, l’oxydation des glucides serait abaissée et améliorerait ainsi la performance, en préservant son stock de glycogène.

Or, plusieurs études réalisées chez le sportif ont montré que les régimes hyperlipidiques n’améliorent pas la performance, voire même la diminue. Malgré des dépenses énergétiques augmentées chez le sportif, aucun argument ne permet de penser qu’il est nécessaire d’augmenter les apports lipidiques dans la ration du sportif, que ce soit à l’entraînement ou en compétition. Il est même conseillé chez le sportif de diminuer légèrement les apports en lipides pour favoriser les apports en glucides.

Des préparations à base d’acides gras à courtes chaînes ont été commercialisées pour les sportifs. Parce qu’ils sont plus facilement utilisés comme source d’énergie que les acides gras à longues chaînes, on a alors pensé que leur consommation pendant l’effort permettrait d’épargner le glycogène. Il n’en est rien ! Aucune amélioration de la performance, ni aucune épargne du glycogène n’ont été montrées. Enfin, il faut préciser que la prise d’acides gras à courtes chaînes peut égalmeent provoquer des troubles digestifs.

Conclusion : miser sur la qualité

Afin que l’ensemble des besoins du corps en lipides mais aussi en vitamines liposolubles soient couverts, il est nécessaire que l’apport total en lipides soit suffisant. Ici, l’aspect qualitatif des lipides (leur nature et leurs sources) jouent donc un rôle important.

Lors d’un exercice, la mobilisation des acides gras est fonction de l’état nutritionnel du sujet ; elle est d’autant plus importante que la durée du jeûne précédant l’exercice est longue.